Alerte sur le Yorktown
Quand les premiers survivants des aviateurs américains regagnèrent leurs navires, il apparut clairement que l'un des porte-avions japonais n'avait pas encore été localisé. Il s'agissait de l'Hiryu, qui avait été séparé de la flotte au moment de l'attaque. En conséquence, l'amiral
Fletcher envoya dix
avions de reconnaissance du Yorktown à sa
recherche et fit prendre l'air une patrouille
défensive d'une douzaine de
Wildcat. Il
était grand temps. Quelques minutes avant midi, le radar du Yorktown signala des avions ennemis venant de l'ouest.
C'était le groupe d'attaque de l'Hiryu, composé de 18 bombardiers en piqué et de 6 chasseurs. Un vétéran le commandait, le lieutenant de vaisseau Kobayashi. Tout de suite après qu'il eut décollé, on avait préparé unsecond raid de 10 avions torpilleurs et 6 Zero emmenés par le redoutable Tomonaga. Le raid de Kobayashi avait suivi les avions qui regagnaient le Yorktown et, maintenant, il se concentrait au-dessus du porte-avions de Flet
cher. Pour une fois, les Wildcat étaient
supérieurs en nombre aux Zero, dont ils
percèrent l'écran pour s'en prendre aux
Val . Dix de ceux-ci furent descendus, et la D.C.A. des croiseurs de l'escorte en abattit deux autres.
Cependant, les six survivants montrèrent qu'ils n'avaient rien perdu de leur adresse et piquèrent sur le porte-avions.
les bombes pleuvent sur le Yorktown
Tout le monde, instinctivement, baissa la tête quand la première bombe tomba, mais elle manqua le
Yorktown, soulevant une énorme gerbe d'eau grise tribord. Le pilote, entraîné par son piqué, ne put .se relever. Une rafale de balles arracha la queue de son appareil et il plongea dans la mer tout près de l'avant du porte-avions.
Le second pilote japonais lâcha sa bombe juste avant d'.être pris sous un feu croisé de la D.C.A. et son appareil se désintégra, une partie des ailes tombant sur le pont du Yorktown. La bombe atteignit le flanc tribord du navire et creusa un énorme trou sur le pont d'envol. De nombreux hommes, dans cette partie du bâtiment furent tués, et des fragments de bombe mirent le feu trois avions garés.
La bombe suivante éventra le pont d'envol et explosa avec un bruit de tonnerre. La poussée subite de chaleur fut intense. Le revêtement de la cheminée s'écailla ; des films, dans la chambre noire, prirent feu ; des flammes se répandirent dans las cabine du commandant en second.
La troisième et dernière bombe qui tou-cha le Yorktown explosa dans les cales. La chaleur terrifiante produite par l'explosion déclencha un violent incendie dans un dépôt de chiffons dangereusement proches des magasins de l'avant et des réservoirs d'essence. De l'acide carbonique fut rapidement répandu dans ces derniers et les magasins furent inondés. Entre-temps, les équipes de secours s'efforçaient d'étouffer le feu dans le dépôt de chiffons.
Tels étaient les résultats obtenus par la fougueuse attaque de Kobayashi. Son escadrille décimée retourna vers l'Hiryu, tandis que des nuages de fumée s'échappaient du Yorktown. L'escadrille japonaise, qui se retirait, ne comprenait que cinq bombardiers et trois chasseurs, et ce ne fut pas Kobayashi qui la conduisit sur le chemin du retour, car il avait été abattu en flammes.
La deuxième des bombes avait pénétré jusqu'aux entrailles mêmes du Yorktown. La vitesse du navire décrut brusquement : vingt noeuds, quinze, dix, puis six.
Les officiers et les hommes, dans la chambre de chauffe n° 1, transpiraient sous leurs masques gaz. Avec deux brûleurs fonctionnant, ils réussirent à maintenir un volant de vapeur dans la chaudière et rendirent ainsi au navire mutilé une partie de sa force d'autrefois. A 12 h 20, toutefois, tous les moteurs tombèrent en panne, et le Yorktown s'immobilisa.