La naissance de la SS
En mars 1923, Goering crée une garde spéciale pour protéger personnellement, à n'importe quel prix, la vie du Führer : quelques fidèles de la première heure prêtent serment à Hitler et se nomment la Stabswache (corps de garde). Deux mois plus tard, elle cède la place à une nouvelle troupe de gardes du corps : la Stosstruppe Adolf Hitler. Ils portent un uniforme : casquette noire, brassière à bords noirs portant croix gammée, emblème à tête de mort.
C'est à leur propos qu'apparaît le terme de Schutz Staffel ou SS (escouade de protection). Qui sont-ils ? Des artisans, des ouvriers, des petits-bourgeois. Il y a Berchtold, leur chef, un marchand de cigarettes; Ulrich Graf, premier garde du corps de Hitler, ancien boucher et lutteur de foire; Émile Maurice, horloger, Weber, ancien maquignon, Schreck, Steinbesser, etc.
La S.S. apparaît pour la première fois sur le devant de la scène de l'histoire au cours de la « nuit des longs couteaux ». Le 30 juin 1934, Hitler prend la décision de décapiter l'état-major de la S.A. (Section d'assaut) et de dissoudre l'organisation des « chemises brunes » qui rassemble tous les militants du parti et dont les manifestations brutales et tapageuses dominaient la rue et la vie politique allemande depuis 1921.
Le 30 juin, avec sa rapidité habituelle, Hitler étouffe dans l'oeuf la tentative de la S.A. de s'emparer du pouvoir. L'affaire est réglée au sein du parti, en dehors de toute légalité, avec l'appui de la S.S. qui, sans hésiter, se fait l'instrument aveugle de la répression. Les principaux chefs S.A. sont arrêtés, exécutés sur place ou livrés à des pelotons d'exécution improvisés. Roehm, surpris en plein sommeil, est jeté en prison après une dramatique entrevue avec le Führer, il est abattu dans sa cellule par le Sturmbahnfiihrer Eicke, après avoir refusé de se servir du revolver mis à sa disposition.