La chasse au Bismarck et au Prinz Eugen

La trace du Bismarck ; trouvée, perdue et retrouvée...

Le Bismarck est repéré
Tard dans la soirée, le Bismarck et le Prinz Eugen longeaient la bordure de glace du Groenland ; c'était la route la plus courte pour descendre vers l'Atlantique. A 19 h 22, le Suffolk repéra les deux navires à une distance de 7 milles et lança aussitôt un message signalant la présence de l'ennemi, puis vira au sud-est, vers la brume qui enveloppait la côte islandaise du détroit. Le Norfolk reçut le message et s'approcha afin d'établir le contact. Une heure plus tard, il repérait lui aussi les deux navires allemands qui se trouvaient à une distance de 6 milles. Le Bismarck, virant pour pouvoir élargir son champ de tir, envoya environ cinq salves sur le Norfolk. Toutes manquèrent leur but, et le croiseur anglais vira de bord pour s'éloigner.L'amiral Lütjens comprit alors qu'il avait été repéré. La première fois, il n'avait pas aperçu le Suffolk et ignorait donc qu'il avait affaire à deux croiseurs. Mais il dut se rendre bientôt à l'évidence lorsqu'il constata que deux navires envoyaient des messages de contact.
Filature du cuirassé allemand au radar
Tout d'abord, le fait d'avoir été repéré et suivi ne causa aucun souci à l'amiral Lütjens. D'après ses calculs et en s'abritant derrière cette brume intermittente, il pourrait se dérober à la vue de ses ennemis en augmentant sa vitesse. Mais quand il constata l'échec de cette manœuvre, il en fut sérieusement ébranlé. L'état-major allemand ne croyait pas que la flotte britannique possédât des radars efficaces à longue distance. Mais les messages du Suffolk, transmettant chaque fois ses changements de direction et de vitesse, firent comprendre à Lütjens que ce bâtiment au moins en possédait un.Cette constatation modifiait les perspectives de l'opération Rheinübung. L'amiral Lütjens, finalement, décida de poursuivre sa course vers l'Atlantique
Le Hood et le Bismarck parés pour le combat
La nuit suivante, à bord du Hood, l'amiral Holland continua à recevoir du Suffolk les messages de localisation de l'ennemi. A minuit, la distance se trouvait réduite à 120 milles, si bien que le contact devait se produire, apparemment, deux heures plus tard environ. Ce fut à cet instant que le Norfolk et le Suffolk perdirent momentanément la trace du Bismarck ; le flot des messages de position s'interrompit. Le 24 mai, à 2 h 3, toujours privé d'informations récentes concernant l'ennemi, l'amiral Holland mit cap sud-ouest, pour éviter de passer à l'arrière du Bismarck et de le perdre dans l'obscurité. Il ordonna à ses destroyers de continuer leur course au nord-ouest, en ligne de recherche, et la chasse se poursuivit.
A 2 h 47, le Suffolk reprit contact avec le Bismarck. Vers 4 heures, la marche du navire ennemi allait le placer à 20 milles au nord-ouest du Hood, si bien que leurs routes devraient se croiser vers 5 h 30.
Entre-temps, l'amiral Lütjens avait appris que plus de deux navires britanniques se trouvaient dans les parages. La radio du Bismarck avait intercepté les messages échangés entre le Hood et les autres poursuivants, et bien qu'indéchiffrables, ils lui avaient révélé que le combat pouvait être engagé le jour venu. Il s'y était d'ailleurs préparé.Le vent soufflait fortement du nord et soulevait une houle modérée. Peu après minuit, le Hood et le Prince of Wales avaient hissé leurs pavillons de bataille ; à 5 heures, ils étaient entièrement « parés » à leurs postes de combat. Vers 5 h 30, le jour se leva après une aube grise ; cinq minutes plus tard, les vigies des deux navires pouvaient distinguer, au nord-ouest, la silhouette des deux adversaires. C'étaient le Bismarck et le Prinz Eugen, ce dernier en tête ; 17 milles les séparaient de l'ennemi.
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