Premières phases de la bataille de Midway

Les hésitations coupables de l'amiral Nagumo

Au meme moment, Nagumo fit également prendre l'air à des avions de reconnaissance : un de l'Akagi, un du Kaga et deux hydravions catapultés de chacun des croiseurs Tone et Chikuma. Les appareils devaient explorer le sud et l'est dans un rayon de 300 milles. Cependant, la force de Nagumo était surtout occupée à préparer les appareils qui devaient attaquer Midway. Cette force décolla également à 4 h 30 sous la conduite du lieutenant Tomonaga.
A 4 h 45, tous ces avions avaient pris l'air à une exception près. Une des catapultes du croiseur Tone fonctionnait mal et le second hydravion de reconnaissance ne s'envola qu'à 5 heures. Ce retard mineur, allait avoir de lourdes conséquences. Entre-temps, les ascenseurs des porte-avions déversaient sur le pont une force tout aussi impressionnante que la première, mais cette fois, les « Kate » portaient des torpilles sous leur ventre.
Midway bombardé
A 5 h. 34, le lieutenant Howard Ady, qui pilotait un Catalina à une heure environ de Midway, repéra les porte-avions japonais et rendit compte que des avions se dirigeaient sur l'île. A 5h. 53, le radar de Midway détectait les avions à 93 milles. Vingt minutes plus tard, tous les appareils de la base avaient décollé. Les bombardiers se dirigeaient vers les porte-avions japonais, au nombre de quatre: l'Akagi, le Kaga, le Soryu et le Hiryu.
En même temps, les six chasseurs Wildcat et les 20 Buffalo tournoyant au-dessus de Midway plongèrent sur les bombardiers japonais qui approchaient et en abattirent trois. Mais, comme les chasseurs reprenaient de l'altitude, l'escorte de Zero japonais, plus rapides, fit son apparition. En vingt-cinq minutes, 17 chasseurs américains furent abattus et sept mis hors de combat.
Semblables à un typhon, les appareils de Nagumo rugissaient au-dessus de l'île. La D.C.A. de Midway ouvrit le feu, incendiant quelques-uns d'entre eux. Mais les bombes pleuvaient. Sur les 3000 soldats qui défendaient l'île, 24 furent tués, 18 blessés: le hangar à hydravions, le dépôt de fuel, la centrale électrique, le dispensaire, l'usine de traitement des eaux explosèrent. Mais, lorsque le dernier Zero eut cessé de mitrailler, qu'il eut disparu au-dessus de l'eau, il fallut bien constater que les pistes de Midway et ses batteries de D.C.A. restaient intactes. Joichi Tomonaga, à la tête de la formation japonaise, envoya à Nagumo un message radio: «Second raid nécessaire.»
L'affaire se complique
A 7 h.28 du matin, la moitié des bombardiers de Nagumo s'apprêtaient à décoller en direction de Midway, lorsqu'un avion de reconnaissance de retour de patrouille rendit compte de sa dernière observation: «Dix navires de surface ennemis repérés.»
Nagumo, tout d'abord, eut un sourire de satisfaction: la flotte du Pacifique avait donc finalement mordu à l'hameçon! Puis une pensée qui le glaça lui traversa l'esprit: si, en dépit des rapports précédents, les navires américains signalés comptaient un porte-avions, sa propre flotte se trouvait à présent à portée des appareils ennemis. Nagumo tenta fièvreusement de découvrir ce qu'il en était, mais n'obtint aucune réponse de son avion de reconnaissance. A 8h.09 seulement, un nouveau rapport du pilote lui parvint: «Cinq croiseurs, cinq destroyers.» Nagumo poussa un soupir de soulagement. Mais à 8 h.20 arrivait le troisième message suivant: «Porte-avions ennemi semble approcher à l'arrière de la flotte.»
Nagumo eut l'impression de recevoir un coup de massue. Il avait lancé tous ses Zero sur les avions de Midway, qui attaquaient. Presque tous ses avions torpilleurs avaient été réarmés avec des bombes. Nagumo leur ordonna alors de reprendre des torpilles, ce qui lui fit perdre à nouveau une heure précieuse. Dans leur précipitation,' les équipages commirent une erreur fatale. Ils laissèrent sur le pont les bombes sans les désamorcer.
Ensuite, l'affaire se compliqua. Tomonaga, le chef de l'escadrille, et ses avions de la première vague d'attaque sur Midway, touchés, à court d'essence, insistèrent pour se poser.
Chaque minute perdue par Nagumo le mettait un peu plus à la portée des appareils du porte-avions américain. Et, pourtant, il hésitait. Arpentant la passerelle de l'Akagi, brusquement il se tourna vers le chef des opérations, le commandant Genda, dont l'opinion valait de l'or aux yeux de Yamamoto, et qui, en cette occasion, prit la décision à la place de l'amiral. En premier lieu, il fallait récupérer les appareils du raid sur Midway et leur escorte de Zero pendant qu'il en était encore temps; en deuxième lieu, regrouper les navires qui s'étaient écartés et s'approcher de la flotte ennemie; enfin, suivant le plan initialement conçu, lancer une puissante attaque aérienne et écraser la flotte américaine du Pacifique.
Un retard lourd de conséquences
Au cours des dernières heures de lâ nuit du 3 au 4 juin, on se livrait aux memes activités de routine sur les porte-avions des deux flottes : amener sur le pont les avions pour les reconnaissances prévues à l'aube. C'était au Yorktown d'effectuer les premières' reconnaissances de la journée. A 4 h 30, dix de ses Dauntless décollèrent pour explorer, sur une distance de 100 milles, un secteur de l'ouest à l'est en passant par le nord, afin de se protéger contre toute surprise en attendant d'avoir les renseignements fournis par les hydravions de reconnaissance de Midway.
dauntless à Midway
Nagumo
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